Covid-19 : les anticorps monoclonaux en 3 points clés

La lutte contre le Covid-19, depuis plus d’un an, repose sur la stratégie de dépistage, les gestes barrière et bien sûr la vaccination. La prise en charge a aussi bien progressé. Les soins prodigués à l’hôpital se sont améliorés, en particulier grâce aux corticoïdes (dexaméthasone), efficaces chez les patients sévères.

En revanche, les traitements antiviraux, pour prévenir la maladie ou soigner les personnes infectées, avant la phase inflammatoire où l’état du patient se dégrade, n’ont jusqu’ici pas vraiment fait leurs preuves.

Une stratégie porteuse d’espoir, celle des anticorps monoclonaux, pourrait toutefois améliorer la prise en charge des patients. En effet, ce traitement, administré suffisamment tôt dans le développement de la maladie, est efficace pour éviter l’aggravation des symptômes.

Fin février, une autorisation temporaire d’utilisation avait été validée par l’Agence du médicament (ANSM), pour que ces anticorps soient administrés dans 80 centres hospitaliers, sur certains patients (âgés de plus de 80 ans, âgés de plus de 70 ans avec des comorbidités, affectés par des troubles de l’immunité). Après cette expérimentation, l’ANSM annonce ce 8 juin qu’elle étend l’accès des anticorps monoclonaux :

aux patients à risque de complications liées à des comorbidités, et ce quel que soit l’âge,
à ceux ayant une infection par le VIH non contrôlée ou au stade sida,
et aux enfants à partir de 12 ans à risque élevé de forme grave de Covid-19, notamment en raison d’une immunodépression sévère. 

Rappelons que lorsqu’il avait contracté le Covid-19, Donald Trump a été soigné avec un médicament à base d’anticorps de synthèse. Dès novembre 2020, le bamlanivimab était autorisé en urgence par l’Agence américaine des médicaments pour les personnes ayant développé des symptômes légers ou modérés du Covid-19 et présentant un haut risque de développer une forme sévère de la maladie. Ces anticorps sont d’ailleurs disponibles dans les hôpitaux universitaires en Allemagne depuis début janvier, sous certaines conditions.

Le principe : les anticorps monoclonaux boostent le système immunitaire

Il s’agit d’un produit synthétisé en laboratoire, qui s’injecte en intraveineuse en une seule fois. Il résulte du clonage d’anticorps de malades convalescents du Covid-19, dans l’objectif de renforcer le système immunitaire.

Il ne vise pas à diminuer les symptômes, mais permet d’éviter que le virus ne continue de se répliquer dans l’organisme. Concrètement, en cas d’infection, la réponse immunitaire induit la production de plusieurs milliers d’anticorps. “L’idée de ce traitement est d’aller chercher les anticorps neutralisants les plus performants, de les produire en laboratoire – ce sont donc bien des anticorps artificiels – et de stimuler, par une injection, une immunité dite passive”, expliquait auprès de BFMTV Yves Coppieters, médecin épidémiologiste et professeur de santé publique.

Comment : en se fixant sur la protéine “S”

Comment ça fonctionne ? En se fixant sur la protéine Spike présente à la surface du coronavirus pour s’attacher et pénétrer dans les cellules, le cocktail d’anticorps limite l’infection de nouvelles cellules.

“L’administration d’anticorps monoclonaux, en empêchant la pénétration du virus dans les cellules et ainsi en luttant contre sa réplication pourrait neutraliser le virus à la phase précoce de l’infection”, précise le ministère de la Santé.

A qui seront-ils administrés ?

“Ce traitement complétera les mesures thérapeutiques déjà mises en place pour traiter les patients susceptibles de développer des formes graves de la Covid-19″, indique le ministère.

Ce traitement pourrait être très efficace s’il est administré suffisamment tôt dans le développement de la maladie, en prévention de l’aggravation des symptômes. Si la maladie a déjà progressé et que le malade présente une forme sévère, les scientifiques ont constaté qu’il n’était pas efficace. Il sera donc administré à des patients ayant un risque de développer une forme plus grave et d’être hospitalisés.

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