Césarienne, épisiotomie : les chiffres des maternités d’Ile-de-France

Dans le cadre du projet régional de santé 2018-2022, l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France s’était engagée à réfléchir sur la pertinence des soins en périnatalité et à mieux communiquer auprès des familles, afin notamment de diminuer la morbi-mortalité maternelle et infantile. C’est dans cette optique que l’ARS vient de mettre en ligne un site (accouchements.sante-idf.fr) en collaboration avec les gynécologue-obstétriciens et les sages-femmes ainsi que le Collectif Interassociatif autour de la naissance (CIANE). Ce site vise à informer les futurs parents d’Ile-de-France sur le nombre d’accouchements annuels de 78 maternités de la région, avec le taux de césariennes, de péridurales ou d’épisiotomies.

1 femme sur 5 accouche par césarienne

En 2020, près de 167 800 accouchements ont été enregistrés en Ile-de-France. Dont :

77,1% d’accouchements par voie basse (79,5 % en France métropolitaine)
82,2 % d’accouchements sous péridurale (80,2 % en France métropolitaine)
22,9 % d’accouchements par césarienne (20,5 % en France métropolitaine)

Le pourcentage régional du recours à la péridurale n’est pas indiqué mais il oscille de 0,5 % à la Maternité des Lilas à 15% au CH de Marne-la-Vallée Coulommiers.

Césariennes et épisiotomie : les recommandations du Collège des obstétriciens

Selon l’enquête nationale périnatale publiée en 2016, une épisiotomie est réalisée dans le cadre de 2 accouchements sur 10 (20 % des cas). L’épisiotomie, c’est ce geste médical, pratiqué en cas d’accouchement par voie basse, qui consiste à inciser une partie des muscles du périnée afin de faciliter le passage du bébé et de réduire le risque de déchirures obstétricales.

Oui, mais voilà : l’épisiotomie n’est pas un acte médical anodin. Outre les risques d’hémorragie post-partum et les éventuelles douleurs périnéales, une étude américaine parue en avril 2017 avait montré que les femmes qui subissaient une épisiotomie avaient aussi plus de risques que les autres de développer des troubles psychologiques après leur accouchement. C’est pourquoi en 2018, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a émis de nouvelles recommandations afin de prévenir les symptômes périnéaux post-nataux.

“Il n’y a pas de bénéfice reconnu à la pratique de l’épisiotomie dans l’accouchement normal : il n’existe pas de preuve pour indiquer une épisiotomie en cas de présentation du siège (ou) de grossesse gémellaire” précisent les spécialistes qui ajoutent, à l’intention de leurs confrères : “il est recommandé (…) de recueillir l’accord de la femme avant de pratiquer une épisiotomie”.

En revanche, en cas d’accouchement difficile, une épisiotomie restera recommandée : “l’extraction instrumentale, surtout avec un forceps, est associée à un risque de déchirure grave pouvant s’étendre jusqu’au sphincter anal. Or les études suggèrent, avec toutefois un niveau de preuve faible, que l’épisiotomie pourrait avoir une action préventive”, explique le Pr Xavier Fritel, l’un des auteurs des recommandations.

Sources :

Pratiques obstétricales en Ile-de-France, Agence régionale de santé, juin 2021
Prévention et protection périnéale en obstétrique, Collège national des gynécologues et obstétriciens français, 2018

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