“J’ai décidé de me tourner vers une contraception sans hormones”

Depuis quelques années, le paysage contraceptif évolue. En 2014, une enquête de l’Ined (Fecond) soulignait un recul du recours à la pilule entre 2010 et 2013, ainsi qu’un report vers le stérilet et le préservatif. Mais aussi vers d’autres méthodes contraceptives dites “naturelles”.

La pilule reste toutefois le moyen de contraception privilégié en France : en 2016, trois adolescentes âgées entre 15 et 19 ans sur cinq prenaient la pilule. Laura, 26 ans, a elle aussi pris la pilule au début de sa vie contraceptive. Mais il y a trois ans, elle décide de se tourner vers une contraception sans hormones. Elle nous raconte son choix et ses difficultés face au manque d’alternatives.

Pourquoi avez-vous choisi d’arrêter de prendre la pilule contraceptive ?

Je dirais, que c’est venu petit à petit. Dans mon entourage, certaines personnes remettaient en question la pilule. De mon côté, chaque soir lorsque je prenais la pilule, une petite voix dans ma tête résonnait et m’interpellait : “Ce n’est pas un geste anodin, c’est un médicament, ce sont des hormones qui viennent modifier l’intérieur de mon corps”. Et surtout, à côté de ça, je fumais et évidemmnet, je savais que pilule contraceptive et tabac ne font pas bon ménage. À cette période, ma vie sexuelle n’étant pas très active, j’ai décidé de ne plus prendre d’hormones le temps de trouver une alternative.

Avez-vous remarqué des changements lorsque vous avez arrêté ?

Oui, en arrêtant la pilule, j’ai compris le chamboulement corporel qu’elle avait provoqué chez moi. Les premières semaines qui ont suivi l’arrêt, j’ai perdu 5 kilos sans pour autant changer mon régime alimentaire. J’avais également beaucoup moins de moments de déprime. Mais j’ai surtout constaté un changement sur ma libido : ça a été explosif. J’avais même des difficultés à me concentrer les premiers mois à cause de cette libido intense à laquelle je n’étais pas habituée.

Quel moyen de contraception avez-vous tenté par la suite ?

J’ai retrouvé une sexualité active, mais je ne souhaitais pas reprendre d’hormones. J’ai donc opté pour l’usage de préservatifs pendant un an. Je gardais un tête que cette alternative me correspondait tant que je n’avais pas de partenaire stable. Mais la peur du préservatif qui craque restait présente et j’ai dû prendre la pilule du lendemain 4 fois en un an.

C’est à ce moment là que j’ai commencé sérieusement à réfléchir à un autre moyen de contraception stable et sans hormones. Je me suis alors aperçue que le choix était restreint : retrait avant éjaculation, abstinence périodique avec prise de température quotidienne ou encore stérilet en cuivre. Je n’étais pas très chaude à l’idée de mettre un corps étranger dans mon organisme, mais j’ai opté pour cette dernière option.

Vous étiez inquiète. Comment s’est déroulée la pose de votre stérilet ?

J’ai d’abord pris le temps de trouver une gynécologue qui me convenait et  partageait les mêmes valeurs que moi,  en qui je puisse avoir confiance. Lors de la pose, même si elle m’a expliqué tous ses gestes au fur et à mesure, j’ai eu très mal. Je pense que cela est très liée au manque de connaissance et à l’appréhension, car en terme de sensation, le col de l’utérus reste un endroit inconnu de notre corps. Les premières semaines, j’avais la sensation d’avoir un corps étranger en moi. À l’époque je pratiquais le krav maga, je faisais des combats et j’avais peur d’éventuelles déchirures, même si je savais que c’était impossible.

Aujourd’hui, êtes-vous satisfaite ?

Aujourd’hui, je vis normalement, j’ai l’impression de ne pas l’avoir. En revanche, je ressens des douleurs à divers moments du cycle. Malgré tout, le stérilet en cuivre reste pour moi la seule contraception féminine sans hormone qui n’engendre pas de baisse de libido, alors je préfère le garder.

Comment envisagez-vous votre contraception par la suite ?

Aujourd’hui je suis en couple, donc je ne suis plus la seule à pouvoir prendre une contraception. Nous avons commencé à rechercher une alternative masculine et nous nous sommes tournés vers l’Andro Switch. Il s’agit d’un anneau qui permet de maintenir les testicules près du corps. Elles se retrouvent dans les cavités au sein desquelles elles se placent déjà naturellement quand il fait froid ou qu’elles n’ont pas assez de place par exemple. Maintenues de la sorte, elles prennent la température du corps et ne peuvent plus produire de spermatozoïdes. Il faut garder cet anneau 15 heures par jour à température du corps pour que ce soit efficace.

Le cycle de la production de spermatozoïdes durant 3 mois, mon copain va donc garder cet anneau pendant cette période et effectuer un bilan ensuite pour voir si on est bien contraceptés. Nous ne sommes qu’au début du processus aujourd’hui. Même si j’ai une entière confiance en mon partenaire et je sais qu’il sera sérieux, je pense que je serai confrontée à une certaine appréhension liée au fait de “donner” ma contraception à un homme.

Pour aller plus loin :

  • Choisirsacontraception.fr
  • Contraceptions.org
  • Androswitch

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